Un sans-abri dormait, face contre carrelage beige, avec son panier au fond duquel était écrit "Good karma". J'ai d'abord pensé à tout ce qu'il n'avait jamais fait pour se le bâtir lui-même, son karma de merde. Ensuite, j'ai figé.
Une femme se trouvait à quelque mètres devant lui (et moi), dossard, bandeau et dossiers à l'effigie d'une énième ONG en mission dans un énième pays en perdition. J'ai vu les gens enjamber le pauvre homme sans visage pour signer une pétition ou liste à peine lue, qui aura du moins l'avantage de leur donner un sentiment de bon-samaritanisme totalement spontané. De quoi se flatter la conscience pour au moins deux mois.
Tout sauf la tristesse m'est venu, comme si j'avais enfin compris quelque chose. Ou peut-être que non, peut-être ai-je seulement aimé m'être fait démontrer, une fois de plus, ce qui cloche dans la vie.

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